Pentecostalism in Africa: General overwiew

Pentecostalism in Africa: General overwiew

English/French

By Sariette Batibonak, PhD, Anthropologist, Associate professor ; Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Several works like those of André Corten and André Mary (2000), analyze the factors behind the success of Pentecostalism in several African regions. There may be issues in relation to societal change given that the “the culture at the background of sectarianism in Africa, Asia and Melanesia is as a result of multifaceted social changes” (Wilson, 1970: 226). In a globalized world, adapting to these changes influences belief patterns on the basis of exponential conversion growth. According to statistics from various sources, there are about 300 million Pentecostals (evangelical Protestants) in Africa. The center of gravity of Christianity is moving from the European and American world once Christianized, to new lands (Africa and Latin America), where Christianity is growing at a significant rate.

In West Africa in particular, former Anglo Saxons territories are fertile grounds for this growth. The presence of American Pentecostal missionaries in South Africa has been shown to date back to 1914 (Fourchard, Mary and Otayek, 2005: 32) and in 1921, Assemblies of God was set up in Burkina Faso (Ibid., 91). These studies briefly discuss the issue of “revival” in countries known today as Gabon and the two Congos. Emerging in the 1930s, these “revival” markers seemed to some like a coincidence. Among the local churches there are denominations which still depend on Western structures, while others have radically broken away from missionary groups. The year 2000s provided a particularly well documented context on the emergence of this “new” religiosity. Media Pentecostals came up in 2010 and developed into what is known as media-churches which sometimes have virtual churches.

The “big” churches also called mega churches, have at least 1000 members in one or different areas. In addition to these “big” churches, often evangelical or Pentecostal, there are many groups and (neo) Pentecostal small groups which are “Portable churches” (Batibonak, 2015: 143-144). “House churches”, “home churches”, “home communities”, “virtual churches”, are in competition with mega Pentecostal churches since 2010 in African cities. Some data from Central Africa provide food for thought.

Following several laws, Law No. 90/53 of December 19, 1990 regulates freedom of association in Cameroon; Thousands of Pentecostal groups are announced in Yaounde and Douala. Following Law No. 35/62 of December 10, 1962, it was in 1990 that freedom of association took effect in Gabon. Although it is recommended by the authorities, churches are not obliged to register. In 2012, there were thousands of chapels under about 1000 different denominations. In Congo Brazzaville, churches must obtain an authorization against a receipt of declaration signed by the Director General of the Ministry of the Interior. In Central African Republic, cultural associations obtain their authorization through a ministerial decree. The Ministry of Home Affairs is responsible for these religious institutions and is authorized to issue these orders. After a church has submitted an application, the Directorate of Political and Administrative Affairs begins investigations; on the basis of the technical opinion of the Central African Evangelical Alliance (AEC), an order is issued. Given that this movement grows as a result of the democratization of charisma, it is difficult to master its evolution on the African continent.

Pentecôtisme en Afrique : Aperçu général

De nombreux travaux, comme ceux d’André Corten et André Mary (2000), analysent les facteurs de succès du pentecôtisme dans plusieurs régions de l’Afrique. Il existerait des soubassements en relation avec les mutations sociétales. Car la « culture que l’on trouve à l’arrière-plan du sectarisme en Afrique, en Asie et en Mélanésie résulte de changements sociaux multiformes » (Wilson, 1970 : 226). Dans un monde globalisé, l’adaptation à ces mutations influence les modes de croyance sur fond de croissance exponentielle des conversions. Les statistiques recoupées de diverses sources mentionnent 300 millions de pentecôtisants (protestants évangéliques) en Afrique. Le centre de gravité des christianismes se déplacent des zones européennes et américaines, jadis christianisées, vers les nouveaux territoires (Afrique et Amérique latine), où le christianisme se développe de façon remarquable.

En Afrique de l’Ouest en particulier, les zones colonisées par la culture anglo-saxonne, constituent des aires privilégiées de cette pénétration. La présence des missionnaires pentecôtistes américains est attestée en Afrique du Sud dès 1914 (Fourchard, Mary et Otayek, 2005 : 32) et en 1921, l’installation des Assemblées de Dieu au Burkina Faso (Ibid., 91). Ces recherches effleurent la question des « réveils » dans les pays désignés aujourd’hui comme le Gabon et les deux Congo. Intervenus au cours des années 1930, ces marqueurs du « réveil » apparaissent pour certains comme une coïncidence. L’on compte parmi les Églises locales des dénominations qui restent dépendantes des structures occidentales, tandis que d’autres rompent radicalement avec les organisations missionnaires. Les années 2000 constituent un des contextes particulièrement bien documentés pour l’observation de l’émergence de cette « nouvelle » religiosité. Les pentecôtismes médiatiques se développent dans les années 2010 au point où on parle de media-churches disposant parfois des Églises virtuelles.

De « grandes » Églises, encore appelées mega-churches, regroupent au minimum 1000 membres en un ou différents lieux. Outre ces « grandes » Églises, souvent de type évangélique et pentecôtiste, on dénombre de nombreux groupes et groupuscules (néo)pentecôtistes du modèle des « Églises portatives » (Batibonak, 2015 : 143-144). « House churches », « home churches », « home communities », « églises de maison », « églises-maisons », « virtual churches » entrent en concurrence avec les mega-churches pentecôtistes depuis les années 2010 dans les métropoles africaines. Quelques données de l’Afrique centrale donnent matière à réflexion.

À la suite de plusieurs textes, la loi n°90/053 du 19 décembre 1990 régule la liberté d’association au Cameroun. Des milliers de groupements pentecôtisants sont annoncés à Yaoundé et à Douala. Prenant ses racines dans la loi n°35/62 du 10 décembre 1962, c’est en 1990 que la liberté d’association est effective au Gabon. Bien que ce soit recommandé par les autorités, les Églises n’ont pas l’obligation de se faire enregistrer. En 2012, il existe des milliers de chapelles regroupées sous le couvert d’environ 1000 dénominations différentes. Au Congo Brazzaville, les Églises obtiennent l’autorisation moyennant un récépissé de déclaration signé par le Directeur Général du Ministère de l’Intérieur. En Centrafrique, les associations cultuelles obtiennent leur autorisation par arrêté ministériel. Le Ministère de l’Administration du Territoire coiffe les institutions religieuses et est habilité à délivrer ces arrêtés. Pour ce qui est des Églises, après la demande d’arrêté, la Direction des Affaires Politiques et Administratives ouvre des enquêtes ; et sur la base de l’avis technique de l’Alliance des Évangéliques en Centrafrique (AEC), l’arrêté est délivré. Se multipliant par la démocratisation des charismes, on maîtrise difficilement la croissance de cette mouvance dans tout le continent africain.

Bibliographie/Bibliography

  • Batibonak, S., 2015, « Megachurches et « Églises portatives » au Cameroun. Un trait commun : Une lutte anti-sorcellerie farouche », Afrique Contemporaine, n°252, pp. 143-144.
  • Corten, A. et Mary, A., 2000, Imaginaires politiques et pentecôtismes. Afrique/Amérique Latine, Paris, Karthala.
  • Fourchard, L., Mary, A. & Otayek, R., 2005, Entreprises religieuses transnationales en Afrique de l’Ouest, Paris, Karthala.
  • Wilson, B., 1970, Les sectes religieuses, Paris, Hachette.

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